jeudi 20 novembre 2014

Interstellar

9,5 / 10

Quand Christopher Nolan s'attaque à la science fiction, on est en droit de s'attendre à un chef d'oeuvre à la lecture de la filmographie du réalisateur. Après les plus que réussis "Memento","The Prestige", "The Dark Knight" ou "Inception", le dernier né s'appelle "Interstellar" et ne déroge pas  à la règle qui veut que tout ce qui sort de l'esprit du natif de Londres devient un pur bijou cinématographie.
Parce que oui, ce film aurait pu être un énième blockbuster dans l'espace où un gentil héro tente de sauver une humanité en péril, mais évidemment, il n'en est rien. Là où les autres verraient science-fiction, Nolan voit d'abord et avant tout science, et plonge son récit basé sur le voyage vers les horizons galactiques lointains, dans les méandre du temps et de l'espace. Il s'approprie les notions de relativité, de dimensions temporelles et en fait les clefs de son intrigue parfaitement ficelée. Le film est beau, prenant, bien joué, il prend racine sur le fond plus que sur la forme même si le spectacle est au rendez-vous, il offre au spectateur une réflexion sur le devoir, le sacrifice, le dépassement de soi, la survie de l'espèce. Nolan offre du lyrisme à son récit sans déroger au spectaculaire, il se joue de la curiosité du spectateur, le pousse dans les retranchements de ses questionnements et finit par habilement réconcilier les esprits les plus interrogatifs par un final astucieux qui tel un trou de ver nous permet en un point Y de récupérer des indices laissés en X bien avant.. Là où Gravity pêchait par un minimalisme assumé ou Solaris par une prétention pesante, Interstellar s'impose comme le 2001 l'Odyssée de l'Espace de sa génération et sans nul doute Nolan entre au panthéon des plus grands réalisateurs de l'histoire du cinéma. J'ai voyagé pendant près de 3 heures, ça en valait franchement la peine.

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